Médicaments à proscrire pendant la grossesse : quels sont-ils ?

(Mis à jour le: 16 mai 2019)
Evaluer cet article

Si l’automédication est déjà à éviter pour tout le monde, chez les femmes enceintes, ce conseil est doublement valable. En effet, pendant la grossesse, l’organisme de la femme est plus fragile et sensible à tout. C’est pourquoi, elle ne doit aucunement prendre un médicament sans avis médical même s’il s’agit d’un traitement qu’elle avait l’habitude de prendre au quotidien. De même, si le médecin vous a prescrit tel médicament durant le 1er trimestre de la grossesse, il ne doit plus être repris au cours du 2e et 3e trimestre sans avis médical. Voici ce qu’il faut retenir à ce propos…

Pourquoi vos petites habitudes médicamenteuses doivent changer au cours de la grossesse ?

grossesse

Avant de tomber enceinte, vous aviez l’habitude d’avaler un petit cachet d’aspirine en cas de migraine soudaine, quelques vitamines en cas d’états grippaux, quelques fortifiants en cas de grosse fatigue, quelques antidépresseurs en cas de stress, … tout cela sans vraiment demander l’avis du médecin.

Dès que vous apprenez la nouvelle de votre grossesse, toutes ces petites habitudes doivent cesser sur le champ. En effet, avec le bébé qui grandit en vous, vous êtes vulnérable et tout ce que vous allez avaler à partir de là va influer sur la santé de votre bébé.

Comme les scientifiques manquent encore de recul pour savoir les effets de telle ou telle molécule sur le fœtus, ils préfèrent émettre une contre-indication quand le doute plane encore. C’est pour cela que parmi la liste des médicaments existants, d’autres sont formellement interdits, d’autres ne sont conseillés qu’en dernier recours, d’autres peuvent être envisagés et d’autres autorisés. Mais comment savoir quels médicaments vous pouvez prendre ou pas ?

Renseignez-vous auprès de votre médecin traitant ou référez-vous sur le site du Crat (centre de référence sur les agents tératogènes). Attention, même si certains sites Internet peuvent donner de bons conseils, ils ne peuvent rivaliser avec les avis du médecin.

Lire aussi:

Quels types de médicaments faut-il proscrire durant la grossesse ?

L’interdiction ne se base pas sur le type de médicaments, mais sur ce qu’il contient et ce qu’il peut engendrer au bébé à naître.

Ainsi, la femme enceinte doit toujours faire preuve de prudence que ce soit pour des comprimés, des suppositoires, des gélules, du sirop, des gouttes pour les yeux ou pour le nez, des pommades et gels, des patchs, …

Tant que ledit médicament délivre des substances dans l’organisme, la prudence est de mise.

Quels sont les médicaments à éviter pendant la grossesse ?

Femme enceinte

Plus de 60 % des médicaments sont contre-indiqués pour les femmes enceintes et toutes les catégories sont concernées en partant des antibiotiques aux hypnotiques, anti-inflammatoires, … D’une manière globale, les médicaments suivants sont à éviter :

  • Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène ou l’aspirine surtout à partir du 2e trimestre de grossesse
  • Les antihistaminiques comme le sirop contre la toux
  • Les médicaments contre le rhume qui peuvent provoquer le retard de croissance du fœtus ou encore l’hypertension artérielle
  • Les antidépresseurs, somnifères et tranquillisants appartenant à la famille des benzodiazépines
  • Certains antibiotiques comme la Streptomycine, la Gentalline, la Trobicine, la Bactrim, l’Izilox, …
  • Certains anxiolytiques et hypnotiques comme l’Havlane, le Nuctalon, l’Imovane, le Victan, …
  • Le Défiltran 10 % est une crème utilisée pour soigner les oedèmes post traumatiques ou post-opératoires. Une étude récente a démontré ses effets toxiques et malformatifs chez le fœtus donc il est totalement interdit chez les femmes enceintes
  • Le Diamox, quant à lui, est utilisé pour le traitement du glaucome. Au cours du 1er trimestre de la grossesse, il est totalement interdit tandis qu’aux 2e et 3e trimestres, il peut être prescrit, mais seulement en cas de réelle nécessité, à des doses strictes et sous surveillance médicale. Comme le Défiltran, son caractère toxique et malformatif chez le fœtus a récemment été découvert d’où cette interdiction

Et la liste est encore longue d’où l’intérêt de toujours demander l’avis du médecin quand vous ne vous sentez pas bien ou affaiblie.

Le paracétamol est-il autorisé durant la grossesse ?

En cas de douleur, quelle qu’en soit la cause, le paracétamol est le médicament le plus utilisé en automédication ou non. Est-il prudent de continuer à en prendre durant la grossesse ?

Contrairement à l’aspirine qui peut engendrer des saignements et des troubles circulatoires chez la mère et l’enfant, le paracétamol est autorisé durant la grossesse à raison d’1 g toutes les 6 h. De nombreuses études ont effectivement confirmé qu’il n’engendre aucune malformation au niveau du fœtus et c’est pour cela qu’il peut être pris tout au long de la grossesse.

Attention toutefois, quelques études tendent à dire le contraire et émettent un lien entre le paracétamol et quelques troubles chez l’enfant comme :

  • L’hyperactivité
  • Les troubles comportementaux
  • Les troubles émotionnels
  • Le risque d’asthme accru

Puisque ces hypothèses récentes doivent encore faire l’objet d’études complémentaires, il est conseillé de rester prudent sur la consommation du paracétamol durant la grossesse.

Quels sont les autres  médicaments interdits durant la grossesse ?

Médicaments enceinte

Vu la grande variété de médicaments existants et les nouvelles formules qui ne cessent d’apparaître, lister tous ceux qu’il faut proscrire durant la grossesse est quasi-impossible. De plus, il arrive que certains médicaments sont autorisés chez certaines futures mères alors qu’ils sont interdits chez d’autres. Il faut savoir que l’interdiction repose aussi sur la santé générale de la mère et c’est pour cela qu’il faut éviter de suivre bêtement la même prescription qu’une autre femme enceinte.

Dans tous les cas, sachez qu’il existe des pictogrammes d’indication affichés sur les boîtes des médicaments. Ils vous permettent de reconnaître facilement un médicament totalement proscrit ou envisageable. On distingue deux types de pictogrammes :

  • La première affiche l’image d’une femme enceinte dans un cercle barré avec la mention «  XXX (nom du médicament) + Grossesse = Interdit. Ne pas utiliser chez (les personnes concernées) » : dans ce cas de figure, le médicament est totalement proscrit chez la femme enceinte
  • La deuxième affiche l’image d’une femme enceinte dans un triangle avec la mention « XXX (nom du médicament) + Grossesse = Danger. Ne pas utiliser chez (les personnes concernées), sauf en l’absence d’alternative thérapeutique » : dans ce cas de figure, le médicament peut être envisagé, mais seulement si aucune alternative plus saine n’existe

Et quand il n’y a aucun pictogramme de ces genres-là, cela peut supposer que le médicament est autorisé, mais il est toujours conseillé de demander l’avis du médecin même pour les deux cas cités ci-dessus.

Nous ne sommes pas médecins.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *