Dénutrition : tout savoir sur cette maladie silencieuse

La dénutrition ne concerne plus uniquement les pays en voie de développement, mais le monde entier. En France, plus de deux millions de personnes en souffre ce qui a poussé les autorités à prendre des mesures strictes. Il faut effectivement comprendre que c’est une maladie silencieuse qui tue et qui rend les personnes déjà vulnérables encore plus fragiles. Zoom sur ce mal qui touche de plus en plus de personnes.

Qu’est-ce que la dénutrition ?

La dénutrition se traduit par un déficit en calories et en d’autres minéraux essentiels pour l’organisme. Autrement dit, l’apport nutritionnel ne couvre pas les besoins de l’organisme. Il ne faut pas la confondre avec la malnutrition, même si dans une certaine mesure, elle en est quand même une forme.

Pour rappel, la malnutrition est un déséquilibre entre les nutriments que l’on consomme et ceux dont l’organisme a besoin. La suralimentation peut également être à l’origine d’une malnutrition lorsqu’on consomme certains produits de manière excessive, mais dont les nutriments apportés ne sont pas ceux dont l’organisme nécessite.

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Le point sur la dénutrition en France

Le point sur la dénutrition en France

Alors que tous pensaient que la dénutrition ne sévissait que dans les pays en voie de développement, il a été prouvé qu’en France, plus de deux millions de personnes sont touchées. Parmi eux, on a une grande proportion de personnes âgées, mais pas que. Des enfants, des adolescents et des adultes sont aussi concernés.

Chez les personnes âgées, une étude a révélé que :

  • 4 à 10 % des seniors qui vivent à domicile sont touchés ;
  • 15 à 38 % de ceux qui vivent en Ehpad sont concernés ;
  • 30 à 70 % des seniors hospitalisés en souffrent.

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Quelles sont les causes de la dénutrition ?

La dénutrition peut être engendrée par diverses causes. Les plus courantes sont :

Une diminution de la consommation alimentaire

Les personnes dénutries ne sont pas forcément conscientes de leur état. Parfois, elles ne se doutent même pas qu’elles souffrent de cette maladie. Pour elles, la dénutrition fait suite à une prise alimentaire insuffisante mue par diverses raisons telles que :

  • un régime alimentaire déséquilibré
  • une perte d’appétit souvent habituelle chez les personnes âgées ou chez les personnes malades. Notez que certains médicaments modifient le goût des aliments et font perdre l’appétit. A lire – Santé des seniors : leurs besoins alimentaires
  • des difficultés à déglutir
  • des difficultés à mastiquer la nourriture à cause de problèmes bucco-dentaires. A lire – Tout comme nous, nos dents peuvent aussi bien vieillir
  • des troubles digestifs : diarrhées, nausées et vomissements
  • la perte du goût et de l’odorat
  • un état dépressif dû à l’isolement ou à la solitude, au veuvage, à un choc psychologique, à des changements de conditions de vie (placement en Ehpad par exemple)
  • la douleur reliée à une pathologie chronique comme le cancer …

Toutes ces circonstances engendrent une perte d’appétit courante chez les personnes vulnérables. Malheureusement, cela ne fait qu’accentuer davantage leur état déjà fragile.

Une diminution des activités physiques

A cause d’une maladie ou de l’âge, on est souvent contraint de réduire nos activités physiques. Cela engendre pourtant une diminution des besoins alimentaires et parfois même la sensation de faim.

Résultat : on arrête de manger ou on réduit la quantité alimentaire, source de dénutrition.

Un manque d’aide pour préparer les repas

C’est une cause très fréquente de la dénutrition chez les seniors vivants à domicile. Leur âge avancé limite effectivement leurs mouvements et la majorité d’entre eux ne sont plus capables de faire leurs courses seuls, de préparer leurs repas seuls, voire de se déplacer tout court. Ils ne mangent que rarement des repas équilibrés et tout ceci favorise leur dénutrition.

Un manque de ressources financières

Malheureusement, la précarité financière est une source évidente de dénutrition que ce soit chez les personnes âgées ou chez les familles ayant des problèmes d’argent. On ne mange que ce que l’on trouve et généralement, jamais à sa faim.

Comment reconnaître une dénutrition ?

Comment reconnaître une dénutrition ?

Comme on l’a souligné dès le départ, la dénutrition est une maladie silencieuse qui, si non traitée à temps, génère la mort. Pour qu’elle n’aggrave pas la santé des personnes fragilisées, il faut le diagnostiquer assez tôt. Pour ce faire, il y a des signes apparents auxquels il fait être attentifs et ensuite confirmer le diagnostic par quelques examens médicaux.

Les symptômes habituels

On peut parler de dénutrition lorsqu’il y a :

  • une perte de poids de 5 % en un mois ou de 10 % en six mois,
  • une fonte musculaire
  • des carences
  • un état dépressif ou un aggravement d’un état dépressif
  • des complications d’une maladie existante comme l’apparition de plaies cutanées, d’infections, de chutes et de fractures
  • une perte d’autonomie qui favorise aussi la survenue de chutes
  • une diminution de la tolérance aux traitements médicamenteux habituels
  • une diminution des capacités physiques

En gros, la dénutrition dégrade la santé générale de la personne et aggrave la santé de ceux qui souffrent déjà de diverses pathologies.

Le diagnostic médical

Pour confirmer la dénutrition, un examen clinique est nécessaire. Pour ce faire, les médecins procèdent comme suit :

  • Ils posent quelques questions aux patients concernant leur mode alimentaire et leur poids. Ils utilisent généralement le questionnaire MNA (Mini Nutritional Assessment) pour dépister la maladie. Ils commencent par le questionnaire court, puis si le score obtenu est inférieur ou égal à 11 points, ils sortent le deuxième questionnaire, qui est plus long. Si le résultat du second test est inférieur 17 points, la personne souffre réellement de dénutrition.
  • Ils confirment ensuite les résultats par le calcul de l’indice de masse corporelle. Si ce dernier est inférieur à 21 kg/m², on parle de dénutrition modérée. Si le chiffre baisse à 18 kg/m², on parle de dénutrition sévère.
  • Ils poursuivent ensuite par une estimation de la perte pondérale. Pour ce faire, ils comparent le poids actuel de la personne à son poids habituel. Lorsque la perte est de 5 % en un mois et de 10 % en six mois, on parle de dénutrition modérée. Par contre, si la perte atteint les 10 % en un mois et les 15 % en six mois, on parle de dénutrition sévère.
  • Ils terminent par la mesure de l’Index de Risque Nutritionnel (IRN). On l’appelle aussi Indice de Buzby. Pour le calculer, ils tiennent compte de la perte de poids et du taux d’albumine. La formule est IRN = 1.519 x albuminémie (g/l) + 0.417 x (pourcentage perte de poids). Lorsque le résultat est supérieur à 97.5, il n’y a pas de dénutrition. Lorsqu’il se situe entre 97.5 et 83.5, il y a une dénutrition modérée et lorsqu’il est inférieur à 83.5, il y a une dénutrition sévère.

En général, c’est le mode de vie global de la personne qui sera scruté pour essayer de déterminer les causes de la dénutrition. Cela facilite ensuite la prise en charge ou la mise en place de mesures préventives.

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Comment traiter la dénutrition ?

Le traitement dépend de l’état de santé du patient, de son âge, de ses habitudes alimentaires et de la gravité de la situation. Après avoir posé le diagnostic, le but des médecins sera de :

  • Redonner de bonnes habitudes alimentaires au patient
  • Traiter la pathologie pouvant être source de la dénutrition
  • Enrichir l’alimentation du patient, tant en quantité qu’en nutriments essentiels
  • Améliorer les conditions de vie du patient

Comment enrichir son alimentation ?

Une alimentation enrichie est riche en calories, sources d’énergie et de protéines pour le bon fonctionnement de l’organisme. Pour ce faire, on introduit des éléments bénéfiques dans le régime alimentaire.

Pour un gain d’énergie, par exemple, on prescrira des aliments farineux (pâtes, pommes de terre riz, pain …), des boissons sucrées (jus de fruits, sodas …) et de la matière grasse (mayonnaise, beurre, huile, crème …). Bien sûr, les menus seront adaptés à l’état de santé du patient, car une personne diabétique ne pourra, par exemple pas, manger trop de sucre.

Pour un gain de protéines nécessaires pour éviter la fonte musculaire, on conseillera plus de viande, de poisson, d’œufs, de tofu et de produits laitiers. Là encore, les éléments seront prescrits en tenant compte de l’état de santé du patient. Si ce dernier est allergique au lactose, on lui trouvera d’autres sources de protéines.

A part les repas habituels, les personnes souffrant de dénutrition devront aussi prendre des collations le matin, l’après-midi et le soir, avant d’aller au lit. Dans les cas les plus sévères, des suppléments nutritifs oraux seront prescrits.

Comment améliorer les conditions de vie du patient ?

Si la solitude, l’isolement ou la perte d’autonomie sont à l’origine de sa dénutrition, il sera, par exemple, plus bénéfique pour le patient d’aller dans un centre spécialisé comme un Ehpad. Là-bas, il sera entouré et d’autres personnes lui prépareront des repas équilibrés.

Et si c’est envisageable et nécessaire, on pourra aussi demander à la famille de s’occuper de lui ou de faire appel à une aide à domicile. Tout dépend des circonstances dans lesquelles il vit.

Comment prévenir la dénutrition ?

Comment prévenir la dénutrition ?

Pour prévenir la dénutrition, voici quelques conseils :

  • Faites trois repas par jour avec des laitages et des féculents à chaque repas. Si vous êtes au régime, faites deux repas par jour avec beaucoup de fruits et légumes. Dans les deux cas, une bonne hydratation est conseillée avec 1 à 1,5 l d’eau par jour.
  • Pratiquez des activités physiques quotidiennes, mais modérées en fonction de votre état de santé. Pour les personnes âgées, un peu de marche peut suffire, mais elles peuvent aussi faire un peu de ménage ou jardiner.
  • Prévoyez des collations matin, midi et soir lorsque c’est nécessaire.
  • Adaptez les menus en fonction des envies, mais toujours complets et équilibrés.
  • Adaptez la texture des repas en fonction des besoins. Les personnes ayant du mal à mastiquer auront, par exemple, besoin d’une nourriture mixée ou hachée. Autant que possible, évitez la nourriture toujours liquide, car elle n’apporte pas assez d’énergie. Lire aussi – Contrôler son poids en mâchant bien les aliments
  • Traitez les problèmes bucco-dentaires lorsqu’ils deviennent un handicap à une bonne alimentation.
  • Faites une supplémentation régulière en vitamines D surtout chez les personnes âgées. Découvrez aussi – Le lien entre la vitamine D et le covid-19
  • Adoptez un cadre convivial pour la prise de nourriture : mangez à table en famille ou entre amis dans une ambiance détendue.
  • Surveillez votre poids.
  • Faites appel à une aide à domicile pour faire les courses, préparer le repas ou prendre le repas avec vous pour éviter la solitude et l’isolement.

Aujourd’hui, de nombreux dispositifs d’aides ont été établis pour lutter contre la dénutrition. Parmi eux, il y a, par exemple, l’Apa à domicile qui finance une partie des frais d’aides à domicile. Les Centres communaux d’action sociale (CCAS), quant à eux, proposent un service de portage de repas.

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